L’enfant capricieux

L’enfant qui se roule à terre en pleurant et en hurlant est en grande détresse.
Il n’attend pas que vous sévissiez, que vous le menaciez, que vous le punissiez.
Ce sont là des réactions classiques, issues de vieilles croyances qui sont d’une violence inouïe pour votre enfant ainsi que pour vous.
Vous avez pu remarqué que cela n’a pas résolu ces caprices qui continuent, vous usent, vous et lui.

Et vous êtes à court de punitions.
Et vous en avez sûrement marre de vous transformer en bourreau quand vous aimeriez aider votre enfant et que vous ne savez plus quoi faire.

Il y a vraiment de quoi faire une belle évolution ici. 🙂

Je risque de vous surprendre – mais en même temps, je crois qu’une partie de vous le sait déjà, elle a juste à s’affirmer, se développer et se renforcer – :
votre enfant s’en fiche complètement mais complètement de ce jouet, de s’en aller maintenant du parc, d’arrêter son jeu pour prendre la douche, etc.
Ce n’est pas ce jeu, cette chose que vous voulez de lui qui se joue ici.
Ce qui importe n’est pas le problème mais ce qu’il met en lumière, ce qu’il fait jaillir, chez vous comme chez lui.

Le caprice est un trop plein qui déborde et s’exprime dans cette occasion qui se présente comme la goutte qui fait déborder le vase mais aussi comme un support d’expression.
Le caprice vient mettre en lumière votre manque d’autorité, pas l’autorité qui punit, qui juge.
L’autorité assurance, confiance, aplomb dans ce que vous êtes, l’autorité sécurité.

L’enfant capricieux a besoin que vous manifestiez votre puissance, pas celle qui punit et met des coups,
celle qui vous donne l’assurance que tout ira bien, quoi qu’il arrive,
que vous êtes là, pour accueillir sa peine, son trop plein, sa difficulté à canaliser son énergie, à gérer toutes ces choses qu’il ressent de plein fouet avec son cœur ouvert en grand, dans un monde difficile, en plein bouleversement.

Il a le “don” de sentir la peine des autres,
il a le don de sentir dans son corps le souci que vous vous faites,
il a le don de sentir la colère réprimé au creux de votre être, il ressent tout et absorbe tout.

Il attend que vous accueillissiez ces larmes, ce besoin soudain de devoir être immédiatement satisfait, issu de la société dans laquelle il est.
Il attend que vous l’aidiez à prendre du recul sur sa peine, sur ses désirs, sur ses ressentis, ses émotions qui, chez lui sont très fortes.
Il attend que vous l’aidiez à maîtriser son humanité, à s’accueillir et s’aimer tel qu’il est.

Et en l’aidant à faire cela, vous vous aiderez aussi à le faire pour vous.

Ensemble, vous avez beaucoup à apprendre.

Vous êtes invité avec votre enfant capricieux à retrouver votre puissance, votre fierté de parent, d’humain, votre assurance, votre confiance en vous, en votre capacité innée à aider, accueillir avec amour, enseigner, élever votre enfant, l’élever chaque jour plus haut, tout en vous ouvrant à ce que votre fils a à vous apprendre, lui aussi. 🙂

Soyez doux avec vous-même car vous aviez appris de vos parents tout le contraire. Cela demande du temps, du courage, beaucoup, de la persévérance et de la patience.

Vous découvrirez alors, contre toute attente et contrairement à ce que vous aviez appris, que ce regard neuf va vous ouvrir de nouveaux horizons que vous n’aviez pas même entrevus avant.

Elise Raguet 
etre humain80sans calque

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